Paroisse de l'Immaculée Conception

Faubourg Bonnefoy, Toulouse

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Samedi 1e juin 2013

 

Le départ n’est prévu qu’à 8h30. Mais les lève-tôt (et/ou les réveillés-par-le-muezzin-que-Dieu-le-bénisse) profitent des premières heures du jour : lever du jour sur la ville, balade du côté du St Sépulcre, …

 

 

Ca y est, tout le monde est là. Nous longeons le quartier arménien et sortons de la vieille ville par la porte de Sion. Elle garde les traces des violents combats dont elle a été le théâtre en 1948.

 

Visualiser la "Porte de Sion" sur Google Earth.

Un peu plus loin, nous voici à St Pierre en Gallicante. « Gallicante », le « chant du coq ». C’est la maison de Caïphe, le grand prêtre, où Jésus a été jugé et où Pierre l’a renié trois fois.

Visualiser "St Pierre en Gallicante" sur Google Earth.

 

 

Avant de visiter les fouilles archéologiques, nous célébrons la messe dans une chapelle de plein-air, devant un panorama imprenable !

 

 

 

 

Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? À qui la puissance du Seigneur a-t-elle été ainsi révélée ? Devant Dieu, le serviteur a poussé comme une plante chétive, enracinée dans une terre aride. Il n'était ni beau ni brillant pour attirer nos regards, son extérieur n'avait rien pour nous plaire. Il était méprisé, abandonné de tous, homme de douleurs, familier de la souffrance, semblable au lépreux dont on se détourne ; et nous l'avons méprisé, compté pour rien. Pourtant, c'étaient nos souffrances qu'il portait, nos douleurs dont il était chargé.

Is 53,1-4

 

Après la messe, nous entrons dans l’église.

 

Les fouilles archéologiques ont mis à jour d’anciennes citernes qui servaient de cachots.

 

Parmi elles, celle où Jésus a sans doute été gardé pendant la nuit, avant d’être présenté à Pilate. Cette citerne est identifiée par des croix datant de l’époque byzantine, gravées dans le goulet d’accès.

 

Un groupe d’Indiens nous précède. Maintenant qu’il est remonté, nous pouvons descendre dans la citerne. En levant les yeux, on voit très bien les croix byzantines.

 

Nous voici tous au fond. Nous imaginons Jésus, dans le noir, attendant le jour de sa mort. Peut-être, dans sa prière, est monté dans son cœur ce psaume, que nous lisons avec gravité.

 

Psaume 87 (hébreu 88)

 

2             Seigneur, mon Dieu et mon salut,
               dans cette nuit où je crie en ta présence,
3             que ma prière parvienne jusqu'à toi,
               ouvre l'oreille à ma plainte.

 

4             Car mon âme est rassasiée de malheur,
               ma vie est au bord de l'abîme ;
5             on me voit déjà descendre à la fosse,
               je suis comme un homme fini.

 

6             Ma place est parmi les morts,
               avec ceux que l'on a tués, enterrés,
               ceux dont tu n'as plus souvenir,
               qui sont exclus, et loin de ta main.

 

7             Tu m'as mis au plus profond de la fosse,
               en des lieux engloutis, ténébreux ;
8             le poids de ta colère m'écrase,
               tu déverses tes flots contre moi.

 

9             Tu éloignes de moi mes amis,
               tu m'as rendu abominable pour eux ;
               enfermé, je n'ai pas d'issue :
10          à force de souffrir, mes yeux s'éteignent.

 

               Je t'appelle, Seigneur, tout le jour,
               je tends les mains vers toi :
11          fais-tu des miracles pour les morts ?
               leur ombre se dresse-t-elle pour t'acclamer ?

 

12          Qui parlera de ton amour dans la tombe,
               de ta fidélité au royaume de la mort ?
13          Connaît-on dans les ténèbres tes miracles,
               et ta justice, au pays de l'oubli ?

 

14          Moi, je crie vers toi, Seigneur ;
               dès le matin, ma prière te cherche :
15          pourquoi me rejeter, Seigneur,
               pourquoi me cacher ta face ?

 

16          Malheureux, frappé à mort depuis l'enfance,
               je n'en peux plus d'endurer tes fléaux ;
17          sur moi, ont déferlé tes orages :
               tes effrois m'ont réduit au silence.

 

18          Ils me cernent comme l'eau tout le jour,
               ensemble ils se referment sur moi.
19          Tu éloignes de moi amis et familiers ;
               ma compagne, c'est la ténèbre.

 

 

Plusieurs d’entre nous ressortent de ce lieu de souffrance en pleurant… Jésus, jusqu’où fallait-il que tu ailles pour nous montrer ton amour et nous sauver de nos péchés ?...

À côté de l’église, les archéologues ont dégagé un escalier du 1e siècle, qui permettait de relier le haut de la ville au quartier bas où se trouvait la piscine de Siloé et la porte donnant sur le torrent du Cédron.

 

C’est certainement un escalier que Jésus a emprunté pour aller, avec ses disciples du Cénacle à Gethsémani. C’est par là aussi, sans doute, qu’il a été ramené à la maison de Caïphe.

 

Il fait jour. Nous n’entendons pas le chant du coq. Mais celui-ci résonne pourtant dans notre cœur, pendant ce temps libre que nous passons en ce lieu.

 

Pierre était assis dehors, dans la cour. Une servante s'approcha de lui en disant: "Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen." Mais lui nia devant tout le monde en disant: "Je ne sais pas ce que tu dis." Comme il s'était retiré vers le porche, une autre le vit et dit à ceux qui étaient là: "Celui-là était avec Jésus le Nazôréen." Et de nouveau il nia avec serment: "Je ne connais pas cet homme." Peu après, ceux qui se tenaient là s'approchèrent et dirent à Pierre: "Sûrement, toi aussi, tu en es: et d'ailleurs ton langage te trahit." Alors il se mit à jurer avec force imprécations: "Je ne connais pas cet homme." Et aussitôt un coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole que Jésus avait dite: "Avant que le coq chante, tu m'auras renié trois fois." Et, sortant dehors, il pleura amèrement.

Mt 26,69-75

 

Au-dessus de l’église a été construite une maquette de la ville de Jérusalem à l’époque byzantine. L’esplanade du Temple est vide (les romains ont détruit le Temple en 70), deux grandes avenues traversent la ville (les deux « Cardo »).

 

Sur le lieu de la crucifixion du Christ, Ste Hélène avait fait bâtir la grande basilique appelée « Martyrium », donnant sur le Cardo. Derrière, « l’Anastasis » (« la Résurrection »), cette majestueuse coupole construite au-dessus du tombeau du Christ.

 

11h50. Il est temps de retourner dans la ville où le repas nous attend à l’hôtel Gloria. Sur le trajet, nous croisons de nouveau les paroissiens de St Sernin et leur pasteur.

 

Un peu plus loin, c’est le portait d’Antonio Barluzzi qui attire notre attention. Ce grand architecte du 19e siècle a fait construire une quinzaine d’églises dans les lieux saints que nous visitons.

 

Ah ! Enfin de la fraîcheur et du repos.

 

C’est reparti ! Nous traversons la vieille ville (et ses surprises).

 

Nous arrivons à la porte des Lions (à cause des sculptures sur la muraille) appelée aussi porte St Etienne, car c’est là que celui-ci rendit son ultime témoignage au Christ : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché » (Ac 7,60), puis il s’endormit dans la mort.

 

Visualiser la "Porte St Etienne - Porte des Lions" sur Google Earth.

Juste à côté de la porte des lions se trouve l’église Ste Anne, construite par les croisés, lieu de la maison d’Anne et Joachim, selon la tradition de Jérusalem. Ce serait donc le lieu de naissance de la Vierge Marie. Ce domaine, avec les fouilles archéologiques qui y sont faites est domaine national français depuis 1856.

Visualiser "Ste Anne - Bethesda" sur Google Earth.

 

 

Près de l’église les recherches archéologiques ont permis de retrouver la fameuse piscine de Bethesda, où Jésus guérit un paralytique (cf. Jn 5).

 

La maquette de Jérusalem nous donne une idée de l’apparence de la piscine du temps de Jésus.

 

Tout proche de Ste Anne commence la Via Dolorosa. Nous allons la suivre en nous arrêtant à chaque station.

Le chemin de Croix se déroule dans l’ambiance des souks du quartier musulman. Devant nous, un groupe de pèlerins chinois (les mêmes qu’hier), que nous doublerons entre deux stations.

 

Jésus se charge de la Croix, il tombe une première fois, rencontre sa mère, tombe encore, rencontre Véronique, les femmes de Jérusalem… L’une des chapelles est tenue par les Petites sœurs de l’Agneau qui ont un commerce d’artisanat.

À la 9e station, nous voici derrière le St Sépulcre.

Visualiser le "St Sépulcre" sur Google Earth.

 

Nous passons par une partie du toit de l’édifice, où se trouve construit le monastère des Ethiopiens. Nous passons ensuite par leur chapelle, pour déboucher sur la place devant l’entrée de la Basilique.

 

Avant d’entrer dans le St Sépulcre, il convient d’en faire une petite présentation.

Au temps de Jésus, à l’extérieur des remparts, se trouvait une ancienne carrière abandonnée. Avec le temps, de la végétation y avait poussé, et on y avait fait creuser des tombes. En bordure de cette carrière, un monticule se dressait. Il s’agissait d’un bloc de roches de mauvaise qualité, que l’on avait laissé de côté en creusant la carrière. Les Romains avaient pris l’habitude d’y exécuter les condamnés. C’est donc là, sur ce monticule surnommé « Golgotha » (« Crâne ») que Jésus fut mis à mort.

 

« Il y avait un jardin au lieu où il avait été crucifié, et, dans ce jardin, un tombeau neuf, dans lequel personne n'avait encore été mis. À cause de la Préparation des Juifs, comme le tombeau était proche, c'est là qu'ils déposèrent Jésus. » (Jn 19,41-42)

 

 

Au 4e siècle, Ste Hélène retrouve cet endroit (qui avait été enterré sous un forum par l’empereur Hadrien), et fait bâtir la splendide basilique de « l’Anastasis » (« La Résurrection »). En y pénétrant depuis le Cardo Maximus, on passait par un 1e atrium, puis on entrait dans « le Martyrium », grande basilique à 5 nefs, puis on arrivait à un 2e atrium. Dans le coin de cette cour se trouvait le rocher du Golgotha, sur lequel on avait installé une grande croix contenant des morceaux de la Croix de Jésus. Enfin, on entrait dans l’édifice rond que Ste Hélène avait construit autour de la tombe du Christ en rasant le rocher autour.

 

Cette basilique sera détruite au 11e siècle, ce qui déclenchera l’épopée des croisades. Les croisés arriveront  en 1099 devant une nouvelle église tout juste rebâtie par les chrétiens orientaux. C’est cette église que nous visitons maintenant.

 

En 1852, le sultan de l’époque et les différentes Églises s’entendent pour définir un statut qui précise les droits de chacun et organise les célébrations et l’usage des parties communes. Chaque Église dispose donc d’un « territoire », les moines éthiopiens étant relégués sur le toit, nous l’avons vu.

 

Entrons maintenant ! La première chose que l’on voit en entrant, c’est la « pierre de l’onction » où Jésus a été déposé après avoir été descendu de la Croix.

 

À droite, nous prenons l’escalier qui monte au Golgotha. Il y a du monde, et, dans une certaine tension, nous faisons la queue. En bas passe un groupe d’Arméniens.

 

La queue s’étend dans la chapelle latine de la mise en Croix de Jésus.

 

Puis nous voici au lieu où la Croix fut érigée. Sous l’autel, un trou est aménagé pour que l’on puisse toucher le rocher apparent du Golgotha. Chacun vient vénérer ce lieu avec émotion.

Jésus, voyant sa mère et, se tenant près d'elle, le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. »…

… Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit: « C'est achevé » et, inclinant la tête, il remit l'esprit.

(Jn 19, 26-27.30)

 

Nous redescendons par un escalier bien raide.

 

Nous voici de nouveau devant la pierre de l’onction.

 

Et nous arrivons, 30 mètres plus loin devant l’édicule du tombeau du Christ. Chacun va pouvoir y entrer et vénérer ce lieu.

 

Nous avons fait tous ces kilomètres pour venir ici. Et que voyons-nous ? Un tombeau vide ! Ici, le Christ est ressuscité, premier-né d’entre les morts !!

 

Pierre sortit, ainsi que l'autre disciple, et ils se rendirent au tombeau.  Ils couraient tous les deux ensemble. L'autre disciple, plus rapide que Pierre, le devança à la course et arriva le premier au tombeau. Se penchant, il aperçoit les linges, gisant à terre ; pourtant il n'entra pas. Alors arrive aussi Simon-Pierre, qui le suivait ; il entra dans le tombeau ; et il voit les linges, gisant à terre, ainsi que le suaire qui avait recouvert sa tête ; non pas avec les linges, mais roulé à part dans un endroit. Alors entra aussi l'autre disciple, arrivé le premier au tombeau,  ...

(Jn 20, 3-8)

 

 

… Il vit et il crut (Jn 20,8)

 

 

Notre guide nous conduit maintenant dans le reste de l’édifice. Au-dessus de la tombe la coupole laisse passer la lumière pour signifier la Bonne Nouvelle de la Résurrection.

 

La 2e coupole, plus petite est construite au-dessus du chœur des Grecs.

 

Dans l’arrière du bâtiment, un grand escalier conduit à la chapelle des Arméniens, la crypte Ste Hélène. Sur les murs, on voit toujours les ex-voto en forme de croix gravés par les pèlerins croisés du Moyen-Âge.

 

Tout en bas, nous voici au fond de la citerne dans laquelle Ste Hélène a découvert la Croix de Jésus.

 

En remontant, nous admirons la stèle arménienne que Ramzi est fière de nous montrer : c’est son grand-père qui l’a sculptée.

 

Notre journée va se terminer sur le toit, près des Ethiopiens, où nous célébrons les vêpres de la mise au tombeau.

 

Joyeuse lumière, splendeur éternelle du Père, Saint et Bienheureux Jésus Christ.

1.           Venant au coucher du soleil,

               Contemplant la lumière du soir

               Nous chantons le Père et le Fils,

               Et le Saint Esprit de Dieu.

 

2.           Ô Jésus, douce lumière,

               Le soleil s’est revêtu de ténèbres,

               Lorsqu’il te vit suspendu à la croix,

               Et la terre entière a tremblé d’effroi.

3.           Comme au soir se couche l’Astre radieux,

               Sous la terre, Ô Christ, tu caches ton éclat,

               Tu tires les morts de leur profond sommeil,

               Aux enfers, tu dissipes les ténèbres.

 

4.           Que ma prière vers toi, Seigneur,

               S’élève comme l’encens ;

               Et mes mains devant toi,

               Comme l’offrande du soir.

 

19h05. Retour à l’hôtel pour un bon repas bien mérité. Puis, soirée libre. Chacun pourra se reposer, admirer Jérusalem de la terrasse, ou replonger dans les rues de la ville.

 

 

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