Paroisse de l'Immaculée Conception

Faubourg Bonnefoy, Toulouse

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Mardi 28 Mai 2013

Il y eut un soir, il y eut un matin, ce fut le 6e jour.

Comme la veille, les lèves-tôt profitent de la fraîcheur de la matinée, du calme et de la paix du lever du jour favorable à la contemplation du lac.

 

Le nom hébreu du lac de Tibériade est « Kinnereth », c'est à dire « harpe » ou « cithare » dont le lac a la forme. Nous partons par la rive ouest, en passant par la ville de Tibériade, pour Tabgha.

 

Visualiser le trajet "De Ma'agan à Tabgha" avec Google Earth.

Tabgha est une déformation du grec « heptapegon » « sept sources ». En ce lieu se trouve deux lieux saints : la Primauté de Pierre, que nous allons visiter ce matin, et la Multiplication des pains au programme de cet après-midi.

Visualiser "Tabgha - Primauté de St Pierre" avec Google Earth.

De la route où nous laisse le bus, nous descendons dans un magnifique jardin verdoyant qui arrive au bord du lac. Là, une église fait mémoire de la 3e apparition de Jésus ressuscité à ses disciples.

 

À l’intérieur de l’église, le rocher apparent, appelé « Mensa Christi », la « table du Christ », où les disciples, en débarquant, virent Jésus et le feu de braise sur lequel le Christ leur faisait griller du pain et des poissons.

 

 

Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord du lac de Tibériade, et voici comment.

Il y avait là Simon-Pierre, avec Thomas (dont le nom signifie : Jumeau), Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m'en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, ils passèrent la nuit sans rien prendre.

Au lever du jour, Jésus était là, sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c'était lui. Jésus les appelle : « Les enfants, auriez-vous un peu de poisson ? » Ils lui répondent : « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n'arrivaient pas à le ramener, tellement il y avait de poisson.

Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C'est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre l'entendit déclarer que c'était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n'avait rien sur lui, et il se jeta à l'eau…

Jn 21,1-7

 

 

Cette page d’Évangile résonne fortement en nous pendant l’office des laudes, que nous célébrons dans une des chapelles de plein-air.

 

La mosaïque de la chapelle rappelle le passage en ce lieu du successeur de Pierre, le Bx Jean-Paul II. C’était en 2000.

 

Une autre mosaïque rappelle, cette fois, la première venue d’un pape en Terre Sainte depuis Saint Pierre. C’était Paul VI en 1964. Il s’était longuement prosterné sur la « Mensa Christi », le rocher de l’extraordinaire dialogue de Jésus et de Simon-Pierre.

 

Les autres disciples arrivent en barque, tirant le filet plein de poissons ; la terre n'était qu'à une centaine de mètres. En débarquant sur le rivage, ils voient un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ce poisson que vous venez de prendre. » Simon-Pierre monta dans la barque et amena jusqu'à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s'était pas déchiré. Jésus dit alors : « Venez déjeuner. » Aucun des disciples n'osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c'était le Seigneur. Jésus s'approche, prend le pain et le leur donne, ainsi que le poisson. C'était la troisième fois que Jésus ressuscité d'entre les morts se manifestait à ses disciples.

Jn 21, 8-14

 

Après les laudes, un bon temps libre est laissé à chacun, pour profiter de la grâce du lieu. Photos, bain de pieds, contemplation…

 

Quand ils eurent déjeuné, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t'aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. »

Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t'aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »

Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, est-ce que tu m'aimes ? » Pierre fut peiné parce que, pour la troisième fois, il lui demandait : « Est-ce que tu m'aimes ? » et il répondit : « Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t'aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.

Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c'est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t'emmener là où tu ne voudrais pas aller. » Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Puis il lui dit encore : « Suis-moi. »

Jn 21, 15-18

 

 

Nous repartons maintenant pour rejoindre Ginosar, la Génésareth de l’époque du Christ. Ce n’est qu’à quelques kilomètres.

Visualiser "Embarcadère de Ginosar" avec Google Earth.

En ce lieu, il y a quelques années, a été retrouvée une barque datant du premier siècle. Elle est conservée dans un musée que nous n’avons malheureusement pas eu le temps de visiter. Nous contournons le musée pour arriver sur l’embarcadère, car nous allons maintenant traverser un bout du lac, jusqu’à Capharnaüm.

 

Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth ; la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu. Il vit deux barques amarrées au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Jésus monta dans une des barques, qui appartenait à Simon, et lui demanda de s'éloigner un peu du rivage. Puis il s'assit et, de la barque, il enseignait la foule.

Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson ».

Lc 5,1-4

 

Se retrouver en bateau, sur le lac de Tibériade, est un moment que chacun savoure.

 

Près de nous, le mont Arbel, dont les falaises sont caractéristiques. Nous voyons aussi la vallée par où passait au temps de Jésus la route joignant le lac avec les villes de Cana et Nazareth.

 

À gauche du mont Arbel, la ville de Tibériade…

 

… tandis qu’à droite s’élève à l’horizon les montagnes de la haute Galilée.

Nous voici un peu au large de la côte. Le commandant du navire arrête le moteur. Il n’y a plus que le léger clapotis des vaguelettes léchant la coque. Il nous faut lire maintenant un passage des Évangiles qui s’est déroulé ici.

 

Et aussitôt il obligea  les disciples à monter dans la barque et à le devancer  sur l'autre rive, pendant qu'il renverrait les foules. Et quand il eut renvoyé les foules, il gravit la montagne, à l'écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. La barque, elle, se trouvait déjà éloignée de la terre de plusieurs stades, harcelée par les vagues, car le vent était contraire. A la quatrième veille de la nuit, il vint vers eux en marchant sur la mer. Les disciples, le voyant marcher sur la mer,  furent troublés: "C'est un fantôme", disaient-ils, et pris de peur ils se mirent à crier. Mais aussitôt Jésus leur parla en disant: "Ayez confiance, c'est moi, soyez sans  crainte." Sur quoi,  Pierre lui répondit: "Seigneur, si c'est bien toi, donne-moi l'ordre de venir à toi sur les eaux" -- "Viens", dit Jésus. Et Pierre, descendant de la barque, se mit à marcher sur les eaux et vint vers Jésus. Mais, voyant le vent, il prit peur et, commençant à couler, il s'écria: "Seigneur, sauve-moi!" Aussitôt Jésus tendit la main et le saisit, en lui disant: "Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté?" Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, en disant: "Vraiment, tu es Fils de Dieu!"

Mt 14, 22-33

 

 

Puis certains profitent de ce moment d’arrêt du moteur pour contempler les mêmes paysages que Jésus a pu admirer : la côte ouest de Galilée…

 

… et la côte nord-est avec le plateau du Golan.

 

Surprise ! Le pilote du navire va nous faire une démonstration de lancer de l’épervier. Inutile de dire qu’il a un certain succès !

 

 

Pas de poisson ! Normal, il a jeté le filet à gauche ! Tant pis, on remet le moteur en route, et direction Capharnaüm !

Nous passons d’abord au large de l’église de la Primauté de Pierre, où nous avons commencé cette journée.

 

Nous doublons aussi le site archéologique de Capharnaüm (le ponton de débarquement est un peu plus loin), suivi de l’église orthodoxe de Capharnaüm, facile à reconnaitre avec ses coupoles roses, et voici déjà le moment du débarquement.

 

Visualiser "Débarcadère de Capharnaüm" avec Google Earth.

Une fresque nous laisse un peu imaginer ce qu’a pu être le port de Capharnaüm, autrefois.

 

11h55, nous reprenons le bus, qui va nous conduire, tout près, à un restaurant : « le Saint Pierre », où l’on sert, évidemment, le poisson portant ce nom.

Visualiser "Restaurant le Saint Pierre" avec Google Earth.

 

 

À la sortie du restaurant, un petit cadeau du Seigneur : des pêcheurs sont en train de trier des poissons. Mais alors ! il y en a vraiment beaucoup !

Et voici encore une autre barque surchargée qui arrive, et doit accoster un peu plus loin.

 

Il est temps à présent de rejoindre le site de Capharnaüm, dont le nom est une contraction de « kaphr » et « Nahum », c'est-à-dire : « le village de Nahum ».

 

En parlant de cette ville les Évangiles disent de Jésus qu’il vient « à la maison », dans « sa ville ». Jésus avait fait de Capharnaüm son camp de base. Il logeait chez Simon-Pierre, avec qui habitait sa belle-mère. Trois zones sont à visiter : la maison de Pierre, qui a été identifiée avec certitude (zone B), la synagogue (datant du 2e siècle après JC) (zone A), et le réseau de maisons de la ville (zone C).

 

Commençons par la zone C : il faut imaginer un peuple grouillant de vie, se pressant pour voir, entendre, toucher Jésus.

 

La synagogue est au centre de la vie de la cité. On a retrouvé une pierre sculptée représentant l’Arche (meuble en bois contenant les rouleaux de la Torah). Elle est sur roue car l’Arche est toujours adossée au mur regardant vers Jérusalem … et là se trouve la porte d’entrée, alors il faut pouvoir déplacer l’Arche.

 

Nous nous dirigeons vers la synagogue. Un petit coin à l’ombre permet d’écouter les explications de Ramzi (il fait chaud !).

 

Rejoignons maintenant la maison de Pierre, au-dessus de laquelle les franciscains ont bâti une église un peu surprenante, d’une esthétique discutable à l’extérieur, mais belle et agréable à l’intérieur.

 

L’église est exactement à la verticale de la maison de St Pierre.

 

Les archéologues ont reconstitué les différentes étapes de construction.

La maison de St Pierre était originellement comme les autres : plusieurs pièces autour d’une petite cour intérieure, que l’on pouvait plus ou moins couvrir de branchages en été. Jésus venait se retirer dans l’une de ces pièces.

La première génération de chrétiens a transformé la maison en « maison-église », tout en gardant mémoire de la pièce où Jésus résidait.

 

À l’époque byzantine, on se met à construire des églises partout. Plus besoin de garder la « maison-église ». Mais on tient à vénérer la « chambre de Jésus » en construisant une petite église octogonale.

 

Puis, avec les invasions arabes, tout est tombé en ruine et dans l’oubli, jusqu’au 20e siècle où les archéologues découvrent le lieu. On a la superposition de toutes les structures. Cela parait assez fouillis, mais en fait, c’est très précis : le lieu où Jésus se retirait est clairement identifié.

 

Nous montons dans l’église construite au-dessus pour y célébrer la messe. Au centre de l’église, une partie vitrée permet de voir ce lieu si vénéré.

 

 

Jésus était de retour à Capharnaüm, et la nouvelle se répandit qu'il était à la maison.
Tant de monde s'y rassembla qu'il n'y avait plus de place, même devant la porte. Il leur annonçait la Parole.
Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes.
Comme ils ne peuvent l'approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé.
Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés. »

Mc 2,1-5

 

Comme les quatre hommes, et au même endroit qu’eux, nous avons porté toutes les intentions de la paroisse, pour les déposer devant Jésus !!

La messe terminée, nous disons au-revoir à Capharnaüm et sa belle vue sur le lac (vers le sud et vers le sud-est).

 

Il est prévu maintenant une marche de 40 à 50 mn, pour rejoindre Tabgha, où nous devons visiter l’église de la multiplication des pains. Il fait chaud. « Vous devez avoir une bouteille d’eau sur vous ! » nous dit Ramzi. « Si vous n’en avez pas, vous pouvez en acheter dans le bus ». C’est parti.

 

Notre chemin est facile, entre la colline qui monte tout de suite à droite, et le lac, juste à gauche. Jésus est certainement passé souvent par ce chemin, à quelques mètres près. Et le paysage n’a sans doute pas changé.

 

 

Visualiser le trajet "De Capharnaüm à Tabgha" avec Google Earth.

Nous arrivons à l’église de la Multiplication des pains. Elle est à 200m de celle de la Primauté de Pierre où nous étions ce matin.

Visualiser le lieu "Tabgha - Multiplication des pains" avec Google Earth.

 

Nous entrons d’abord dans un atrium...

 

… puis dans l’église

 

C’est là que se trouve la fameuse mosaïque de la multiplication des pains.

 

2 poissons ; 1, 2, 3, 4 … Mais, il manque un pain !! Où est-il ? – il est dessous ! – Non, ce n’est pas la façon de représenter… Où peut-il être ?... J’ai trouvé ! Il est sur l’autel !! Génial, le mosaïste !! Sous l’autel, le rocher de mémoire de la multiplication des pains.

 

L’église est connue pour les autres mosaïques du 5e siècle qui couvrent le sol.

 

L’heure est venue de retourner au kibboutz. Sur la route, nous voyons un parking de véhicules blindés. Peut-être à cause des tensions à la frontière avec la Syrie…

 

Nous voici de retour au kibboutz, accueillis par les paons.

 

Nous descendons au bord du lac pour célébrer les vêpres.

Joyeuse lumière, splendeur éternelle du Père, Saint et Bienheureux Jésus Christ.
               Venant au coucher du soleil,
               Contemplant la lumière du soir
               Nous chantons le Père et le Fils,
               Et le Saint Esprit de Dieu.  

     

 

Jésus gagna les bords du lac de Galilée, il gravit la montagne et s'assit. De grandes foules vinrent à lui, avec des boiteux, des aveugles, des estropiés, des muets, et beaucoup d'autres infirmes ; on les déposa à ses pieds et il les guérit. Alors la foule était dans l'admiration en voyant des muets parler, des estropiés guérir, des boiteux marcher, des aveugles retrouver la vue ; et ils rendirent gloire au Dieu d'Israël.

Mt 15, 29-31

 

 

Ce soir, pour ceux qui le souhaitent, Ramzi nous entretiendra de la situation politique du pays. Pour les autres, une bonne nuit pour refaire ses forces.

 

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